Chaleur, eau, électricité : et si les déchets des data centers devenaient des ressources (ou vice versa) ?
Les projets de data centers se multiplient en France pour répondre aux besoins du numérique et désormais de l’intelligence artificielle. Ces infrastructures ont des impacts environnementaux importants : artificialisation des sols, bruit, chaleur et pollution. Elles consomment également beaucoup d’eau et d’électricité. Leur implantation dépend des ressources disponibles en local et devrait être débattue de façon transparente avec les populations et les territoires concernés.
Un data center crée peu d’emplois directs, mais peut renforcer l’attractivité et l’innovation à l’échelle nationale.
L’enjeu n’est plus seulement de réduire leur consommation, mais aussi de valoriser l’énergie qu’ils émettent et leurs rejets. Le Cines (Centre informatique national de l’enseignement supérieur) de de Montpellier montre qu’un centre de calcul peut être intégré à un système énergétique local.
Avec 2 MW de puissance, le Cines consomme environ 17 GWh d’électricité et 7 000 m³ d’eau par an. À grande échelle, un data center de 1 GW pourrait consommer environ 9 TWh d’électricité par an et beaucoup d’eau.
La récupération de la chaleur produite pourrait chauffer des logements, des piscines ou des bâtiments publics. Mais cette valorisation nécessite de concevoir les data centers dès le départ à proximité des réseaux de chaleur ou d’activités industrielles.
Les data centers peuvent en outre adapter leur consommation électrique selon la disponibilité des énergies renouvelables et différer certains calculs lorsque l’électricité est moins abondante. Cette flexibilité permettrait de réduire la pression sur les réseaux électriques lors des pics de demande.
Les data centers pourraient devenir des acteurs de l’économie circulaire, à condition d’être pensés au sein de l’écosystème territorial.